Que veulent les Bretons ?
2. Identité et modernité

Les deux articles suivants ont été publiés à l'occasion du sondage Ouest-France-Conseil régional-Crédit Mutuel de Bretagne réalisé par l'institut TMO-CSA le 30 mai 2003.
Retrouvez tous les résultats du sondage sur le site d'Ouest-France : http://www.ouest-france.fr/dossiers/bretons_accueil.asp

2. Identité et modernité

Article publié dans Ouest-France du samedi 28 juin 2003 et dans

      Ce sondage fournit de très riches enseignements sur la façon dont les Bretons vivent leur appartenance à la Bretagne et la mettent, ou non, en avant.

Le droit du coeur
Toute catégorie confondue, les Bretons se sentent d'abord français, puis bretons, puis citoyens de leur commune. Ils se sentent ensuite citoyens du monde et enfin, en dernière position, citoyens européens. Les Bas-Bretons se sentent avant tout citoyens bretons et les Hauts-Bretons d'abord citoyens français. De plus, les Bas-Bretons citent plus volontiers l'Europe en première appartenance que les Hauts-Bretons. Être breton est " important " aux yeux de 59% des Bretons, en moyenne, mais ce sentiment va croissant à mesure qu'on se dirige vers l'ouest de la péninsule, allant de 46% en Bretagne continentale à 69% en Léon. Le sentiment breton, toutefois, n'est pas exclusif : il n'est pas nécessaire, pour être breton, d'être né en Bretagne ou d'avoir des parents bretons : plus des deux tiers des personnes interrogées pensent, en effet, qu'on peut devenir breton si on aime la Bretagne. C'est la confirmation de l'hypothèse du " droit du coeur ".

Les anciens et les modernes
Globalement, l'intérêt pour la Bretagne et pour le monde va de pair avec la jeunesse, tandis que l'attachement à la commune et à la France est plus vif chez les plus âgés. Ainsi, d'une part, plus on est jeune et plus on se sent citoyen breton, alors que plus on est âgé et plus on se sent citoyen de sa commune. En outre, les personnes de 60 ans et plus se sentent françaises avant tout alors que les personnes de 18 à 24 ans se sentent d'abord bretonnes. Enfin, s'il est vrai qu'on parle d'autant mieux le breton qu'on est âgé, à l'inverse, on s'intéresse d'autant plus à l'avenir de la langue bretonne qu'on est jeune. D'autre part, on se sent d'autant plus citoyen du monde qu'on est jeune ; on pense d'autant plus volontiers que la mondialisation est une ouverture sur le monde qu'on est jeune et on souhaite d'autant plus aider le Tiers-monde qu'on est jeune...

Le lien social
Autrefois, la religion catholique jouait un très fort rôle intégrateur en Bretagne. Aujourd'hui, une curieuse relation semble se dessiner à travers le sondage : on paraît s'intéresser d'autant plus à la Bretagne qu'on est moins attaché à la religion. Par exemple, les hommes se déclarent moins souvent catholiques que les femmes et considèrent plus volontiers qu'elles que la culture bretonne est l'un des principaux atouts de la Bretagne. Les cadres constituent la catégorie socioprofessionnelle la moins catholique et la plus favorable à une large amplification de la décentralisation. Les jeunes de 18 à 24 ans sont le groupe d'âge le moins catholique et celui qui se déclare le plus souvent citoyen breton. Les Trégorrois sont les moins catholiques de Bretagne et, de loin, ceux qui se sentent le plus bretons… Les représentations liées à l'identité prendraient-elles, en quelque sorte, la relève de la religion pour souder la population bretonne ?

1. Confirmations et surprises



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