Les Bretons face au destin de leur langue

« Les Bretons face au destin de leur langue » in Francis Favereau et Hervé Le Bihan (dir.), Littératures de Bretagne, Mélanges en l’honneur de Yann-Bêr Piriou, Presses universitaires de Rennes, 2006.

En mai 2003, l'institut TMO Régions a procédé, sur mon initiative, à un sondage d'opinion relatif à la façon dont les Bretons se représentent leur avenir. Effectué pour le compte d'Ouest-France, du Crédit Mutuel de Bretagne et du Conseil régional de Bretagne, il a fait l'objet d'un supplément à Dimanche Ouest-France daté du 29 juin 2003 et je compte en publier une analyse approfondie dans un prochain ouvrage. Cependant, dès à présent, je voudrais dévoiler dans ces Mélanges en l'honneur de Yann-Bêr Piriou les enseignements que le sondage révèle quant à l'opinion des Bretons sur l'avenir de la langue bretonne.
1 300 personnes ont été interrogées en mai 2003 par l'institut TMO dans les cinq départements de la Bretagne historique. À la question de savoir quel sentiment elles éprouvent lorsqu'elles pensent à l'avenir de la langue bretonne, 2,4 % des personnes interrogées répondent qu'elles sont très confiantes, 6,9 % qu'elles sont très inquiètes, 24,3 % plutôt inquiètes, 27,3 % plutôt confiantes et 35,6 % indifférentes ; enfin, 3,5 % des personnes interrogées ne se prononcent pas.
Un rapide survol de ces chiffres pourrait laisser croire que le sentiment majoritairement éprouvé par les Bretons concernant le destin de leur langue est l'indifférence. Or, tel n'est pas le cas puisque les personnes qui se déclarent " confiantes " et celles qui se disent " inquiètes " de l'avenir de la langue bretonne partagent, en fait, un même intérêt pour le devenir de cette langue. 60,9 % des personnes interrogées s'intéressent donc - que ce soit avec confiance ou inquiétude - au futur de la langue bretonne tandis que 35,6 % y sont indifférentes et que 3,5 % ne se prononcent pas.
Quelles sont les personnes qui se préoccupent de l'avenir du breton et celles qui ne s'en soucient pas ? Peut-on localiser les unes et les autres sur le territoire breton et dépeindre leurs principales caractéristiques ?

I. L'esprit des lieux

A. La frontière linguistique

On pourrait s'attendre à ce que l'intérêt pour l'avenir de la langue bretonne soit beaucoup plus intense en Basse-Bretagne, où l'on parle breton, qu'en Haute-Bretagne, où on ne le parle traditionnellement pas. Or, conformément à ce que j'avais constaté dès le milieu des années 1990, au cours des entretiens menés pour ma thèse sur l'identité bretonne [1] , l'attachement des Bretons à la langue bretonne est presque aussi fort en Haute qu'en Basse-Bretagne. C'est ce que montre le tableau 1 ci-dessous.

tableau 1

L'indifférence pour la langue bretonne est à peine plus élevée en Haute qu'en Basse-Bretagne ; l'écart est même si faible qu'il n'est pas significatif statistiquement [2] . Ceci va dans le sens des propos que me confiait Yann-Bêr Piriou en 1993 : " La Bretagne orientale est le complément naturel de la Bretagne occidentale. L'identité bretonne ne s'arrête pas à la seule Basse-Bretagne [3] . " La langue étant perçue comme un symbole fondamental de l'identité bretonne, la majorité des Bretons (60,89 %), qu'ils vivent en Bretagne bretonnante ou non, se préoccupent de son devenir.
Toutefois, si, au lieu de se focaliser exclusivement sur la frontière linguistique contemporaine, on prenait également en considération l'aire où la langue bretonne a été employée dans le passé et ne l'est plus aujourd'hui, ne constaterait-on pas des différences d'attitude quant au destin du breton ?

B. Une Bretagne triple

" N'en déplaise à certains, la Bretagne est aussi indivisible que n'importe qui ", m'expliquait Yann-Bêr Piriou en 1993. " Mais en plus, elle est double et même triple. Sachons en tenir compte [4] . " On peut, en effet, considérer que la Bretagne est triple dans la mesure où une vaste zone au sein de la Haute-Bretagne fut jadis celtisante mais ne l'est plus aujourd'hui. C'est une région qu'il est convenu d'appeler la " zone mixte " et dont la limite orientale approximative a été tracée au XIXe siècle par Joseph Loth [5] . La distinction de trois grandes zones au sein de la Bretagne permet-elle de mieux appréhender le rapport des Bretons à la langue bretonne ? Il semble que non.

Tableau 2

On constate sur le tableau 2, ci-dessus, que l'indifférence au destin de la langue bretonne va croissant à mesure que l'on s'éloigne de la Basse-Bretagne et que l'on va vers l'est. Toutefois, les écarts sont trop faibles pour être statistiquement significatifs [6] .

C. Le département de résidence

Curieusement, la relation entre l'attachement à la langue bretonne et le département de résidence des personnes interrogées est plus significative statistiquement [7] que les relations qui unissent la langue aux terroirs où elle est, ou fut, employée.

Tableau 3

L'intérêt pour le breton atteint un maximum en Finistère (65,34 %) et en Loire-Atlantique (64,90 %) et un minimum en Côtes-d'Armor (55,93 %). Ceci semble entrer en contradiction avec les résultats qui précèdent, selon lesquels l'intérêt pour le breton décroît à mesure que l'on va d'ouest en est. Pour tenter de résoudre cette apparente contradiction, nous allons, par une sorte d'effet de zoom, accroître la précision de notre observation.

D. Villes, pays et régions

" Bretagne est univers ", écrivait Saint-Pol-Roux. La diversité bretonne, il est vrai, n'est plus à démontrer. En Basse-Bretagne, les pays historiques (les diocèses d'ancien régime) sont restés des réalités humaines vivantes. Nous allons donc les prendre en considération dans l'analyse. En Haute-Bretagne, en revanche, ils ont perdu de leur acuité ; nous les laisserons donc de côté pour prendre en compte, d'une part, la distinction déjà évoquée entre Bretagne romane et Bretagne mixte et, d'autre part, les départements. Par ailleurs, nous isolerons les principales villes de Bretagne : Brest, Nantes et Rennes. Enfin, en Loire-Atlantique, nous distinguerons deux régions au sein de la zone romane : la région de Châteaubriant (au sud-est du département) et celle du Sud-Loire (qui va du Pays de Retz à Clisson).
Nous obtenons ainsi trois aires culturelles (la Bretagne celtique, la Bretagne mixte et la Bretagne romane), au sein desquelles nous pouvons distinguer trois grandes villes, quatre pays historiques en Basse-Bretagne et sept régions approximatives en Basse-Bretagne, établies pour l'essentiel en superposant les limites des aires culturelles à celles des départements. Cet effet de zoom permet-il de dépasser la contradiction précédente ou, au contraire, nous conduit-il à nous noyer dans le détail ? Il fournit, en tout cas, une relation statistiquement très significative [8] et nous permet d'établir le tableau suivant.

Tableau 4

Que l'on examine les chiffres de la colonne 5, qui indiquent le pourcentage de personnes qui se soucient du devenir de la langue bretonne [12] , ou ceux de la colonne 6, qui révèlent la proportion de personnes qui se déclarent indifférentes au destin de cette langue, l'analyse donne des résultats très voisins. Les extrêmes sont même exactement identiques. Ainsi l'intérêt le plus vif (colonne 5) comme l'indifférence la moins grande (colonne 6) pour le destin de la langue bretonne se rencontrent-ils dans la région de Saint-Malo, la ville de Brest et la région de Guérande et Saint-Nazaire. En revanche, l'intérêt le moins affirmé (colonne 5) comme l'indifférence la plus grande (colonne 6) pour l'avenir de la langue bretonne se rencontrent dans la région de Saint-Brieuc et Dinan, la région du Sud-Loire et l'unité urbaine de Rennes.
Si, pour plus de clarté, on reporte les chiffres du tableau 4 sur une carte de Bretagne, on obtient la figure 1 ci-dessous.


Figure 1 : Villes, pays, régions et intérêt pour le destin de la langue bretonne
destin de la langue bretonne


La carte qui se dessine sous nos yeux doit être interprétée avec prudence car l'échantillon sondé étant de 1 300 personnes, la taille de chaque sous-ensemble est nécessairement modeste (un peu plus de quatre-vingt-dix personnes, en moyenne). En outre, le découpage adopté n'est peut-être pas le meilleur ; il est possible qu'il voile certains phénomènes ou, au contraire, qu'il en crée d'autres, plus ou moins illusoires. Si l'on admet, cependant, que cette carte représente correctement les zones d'intérêt plus ou moins grand pour le destin de la langue bretonne, elle apparaît à la fois intéressante et insolite.
On observe en premier lieu que les zones où l'intérêt pour le devenir du breton est très faible (c'est-à-dire celles où moins de 50 % de personnes se disent soit " confiantes " soit " inquiètes " pour l'avenir de la langue) se trouvent en Bretagne romane : ce sont l'unité urbaine de Rennes, d'une part, et la région de Sud-Loire, d'autre part, des endroits où le breton n'a jamais été la langue vernaculaire. On rencontre également une zone de faiblesse relative en Bretagne mixte, dans la région de Saint-Brieuc et Dinan.
Il est plus étonnant de constater que les zones où l'intérêt pour le destin du breton est le plus intense (de 70 à 75 % de personnes qui se déclarent soit " inquiètes " soit " confiantes ") se situent aux extrémités occidentale et orientale de l'espace celtique historique (qui regroupe la Bretagne celtique et la Bretagne mixte) : ce sont, à l'ouest, l'unité urbaine de Brest, et, à l'est, une bande de terrain allant de Saint-Malo à Guérande. Les zones d'intensité relative comprennent également des régions situées de part et d'autre de cet espace celtique historique (Léon et Cornouaille, d'un côté, région de Ploërmel, de l'autre), auxquelles il faut ajouter l'unité urbaine de Nantes.
Enfin, on rencontre des zones d'intensité moyenne tant en Basse-Bretagne (Trégor-Goëllo et Vannetais) qu'en Bretagne romane (régions de Fougères-Vitré et de Châteaubriant).
Soulignons, pour conclure sur ce point, combien l'intérêt pour l'avenir de la langue bretonne se joue des représentations habituelles de la Bretagne. Le souci le plus vif du destin de la langue bretonne se rencontre, en effet, dans des espaces où on ne l'attend guère :
- Une région de Haute-Bretagne où l'on ne parle plus breton depuis plusieurs siècles (la région de Saint-Malo) ;
- une grande ville (Brest), alors que ce sont les campagnes qui constituent, en quelque sorte, le biotope de la langue ;
- une région de Loire-Atlantique (la région de Guérande et Saint-Nazaire), alors que ce département ne fait plus officiellement partie de la Bretagne depuis 1941.
Voilà qui mérit d'être médité. Ceci étant, mis à part les régions où elles vivent, que savons-nous des personnes qui s'intéressent à l'avenir de la langue bretonne ?

II. Les profils sociologiques

Il est plus aisé de construire les profils sociologiques des personnes qui se préoccupent - ou, au contraire, ne se soucient pas - du destin de la langue bretonne que de les cartographier. Nous examinerons successivement cinq variables sociologiques classiques : le taux d'activité, le secteur d'activité, le genre, la catégorie socioprofessionnelle et l'âge.

A. Activité

On constate une relation statistiquement significative [13] entre l'intérêt pour le devenir de la langue bretonne et l'activité des personnes interrogées.
Tableau 5

Le tableau ci-dessus révèle que le souci du destin de la langue bretonne est à son maximum chez les scolaires, les étudiants et les actifs et à son minimum chez les inactifs et les retraités. Sans doute s'agit-il là d'un phénomène lié à l'âge, dont nous étudierons ultérieurement l'incidence.
L'enseignement principal du tableau 5, cependant, est que l'intérêt pour l'avenir de la langue bretonne est faible chez les chômeurs. C'est vraisemblablement le signe que le destin du breton est une préoccupation de personnes dont les besoins essentiels sont satisfaits et que, lorsque des difficultés personnelles sérieuses surviennent, la question de la langue bretonne est mise de côté. Constate-t-on également des différences d'attention au breton selon le secteur d'activité des personnes interrogées ?

B. Secteur d'activité

Tableau 6

L'intérêt pour le destin de la langue bretonne passe de 57,89 % des personnes interrogées chez les travailleurs indépendants à 63,81 % chez les salariés du privé et à 64,67 % chez les salariés du public. Cependant, cette relation n'est statistiquement guère significative [14] . Peut-être aurons-nous plus de chance avec les catégories socioprofessionnelles ?

C. Catégorie socioprofessionnelle

Le lien entre l'intérêt pour l'avenir du breton et la catégorie socioprofessionnelle des personnes interrogées est, en effet, statistiquement très significatif [15] .

Tableau 7

Les deux catégories qui, selon le tableau ci-dessus, se soucient le plus du destin de la langue bretonne sont les agriculteurs, d'une part, et les professions intermédiaires, d'autre part. Or, c'est parmi les premiers que l'on rencontre le plus de bretonnants de langue maternelle et parmi les seconds que l'on trouve généralement le plus de néolocuteurs et de militants de la langue bretonne. Il est intéressant de les voir se côtoyer dans ce tableau. Les agriculteurs, cependant, sont beaucoup plus confiants en l'avenir du breton (à 32,14 %) que les titulaires de professions intermédiaires (26,00 %), lesquels sont les plus inquiets de tout l'échantillon (42,67 %) pour le destin de la langue bretonne.
Enfin, les plus insensibles au sort du breton sont les cadres, qui sont deux fois plus indifférents à cette question que les professions intermédiaires (43,48 % contre 26,67 %). Ils sont suivis des retraités (42,63 %) et des artisans, commerçants, chefs d'entreprise et professions libérales (40,00 %). Peut-on préciser encore davantage le profil sociologique des personnes qui s'intéressent au futur du breton ou qui lui sont indifférentes ?

D. Genre

Il semble, à la lecture du tableau 7, ci-dessous, que les hommes s'intéressent légèrement plus que les femmes au destin de la langue bretonne.

Tableau 8

La relation est statistiquement significative [16] ; néanmoins, elle est de faible portée, tant l'écart est minime. Qu'en est-il pour l'âge ?

E. Âge

L'âge constitue la variable la plus intensément corrélée à l'intérêt pour le destin de la langue bretonne [17] .

Tableau 9

Le tableau 9, ci-dessus, est particulièrement éclairant. Il fait apparaître plusieurs relations nettes et dépourvues d'ambiguïté. En premier lieu, plus on est jeune et plus on s'inquiète de l'avenir du breton (colonne 3). En second lieu, plus on est âgé et plus on est confiant dans le destin de cette langue (colonne 2). En troisième lieu, plus on est jeune et plus on s'intéresse au destin de la langue bretonne (colonne 4). Enfin, en quatrième lieu, plus on est âgé et plus on est indifférent au sort du breton (colonne 5). Toutes ces relations sont récapitulées dans la figure 2, ci-dessous.

Figure 2 : Intérêt pour le destin de la langue bretonne selon l'âge
Intérêt pour le destin de la langue bretonne

Conclusion

Deux couples de forces semblent interagir sur l'intérêt que les Bretons portent au destin de la langue bretonne, qu'on examine celui-ci en fonction du territoire où ils vivent ou des variables sociologiques qui les caractérisent.
Les deux premières forces relèvent du degré d'intimité avec la langue.

- La première d'entre elles est l'incidence de la longue durée historique sur le temps présent. C'est la variable dont l'effet est le moins net. Néanmoins, on peut penser qu'elle contribue à expliquer à la fois la vigueur de l'intérêt pour le devenir du breton à l'extrémité orientale de la zone mixte où le breton fut jadis employé (la bande de territoire qui va de Saint-Malo à Guérande), et sa grande faiblesse dans des espaces où le breton n'a jamais constitué la langue vernaculaire (l'unité urbaine de Rennes et la région du Sud-Loire).
- La deuxième force qui agit sur les attitudes est celle de la proximité sociale des Bretons envers la langue bretonne. Plus les personnes interrogées sont socialement proches des milieux où le breton est traditionnellement employé et plus elles s'intéressent à son destin, et vice-versa. Le fort intérêt des agriculteurs pour le destin du breton comme la grande indifférence des cadres à son égard peuvent vraisemblablement s'analyser ainsi.
Les deux autres forces qui interagissent s'inscrivent dans le cadre d'un développement de l'autonomie individuelle.
- La troisième force relève de l'autonomisation des représentations. La crise de l'autorité (étatique, notamment), l'ouverture des frontières, le développement des échanges interculturels et le progrès des technologies font que, plus une personne est jeune, plus son horizon culturel est composite et ouvert sur le monde, alors que plus elle est âgée, plus il est moniste et limité à l'espace français. On peut supposer que c'est largement en raison de cette autonomie croissante des sujets par rapport au discours dominant que l'intérêt pour le destin de la langue bretonne est inversement proportionnel à l'âge.
- Enfin, la quatrième force concerne l'autonomisation des comportements. Des citadins, à Brest ou à Nantes, peuvent s'intéresser vivement - voire s'identifier - au destin d'une langue qui ne leur a pas été transmise par leur famille. Cependant, dans les milieux où la langue se reçoit en héritage, on est moins préoccupé de son devenir que dans ceux où elle fait l'objet d'un choix et, éventuellement, d'un apprentissage ; c'est pourquoi les professions intermédiaires s'inquiètent plus que les agriculteurs du destin du breton.
Le renforcement de l'autonomie du sujet qui, dans le monde entier, caractérise notre temps plaide pour un destin de la langue bretonne, mais un destin renouvelé, détaché des espaces et milieux d'origine de la langue.

Ronan Le Coadic

NOTES :

[1] Cf. LE COADIC Ronan 1998, L’Identité bretonne, Rennes, Presses universitaires de Rennes et Terre de Brume, pages 213 à 215.
[2] Pour savoir si une relation entre deux variables est statistiquement significative, il est d’usage en sociologie d’employer le test du khi deux ( khi est la lettre grecque χ ). On compare le tri croisé obtenu entre les deux variables au tri croisé fictif qu’on obtiendrait s’il n’y avait aucune relation entre les deux variables (mêmes proportions pour chaque modalité que pour le total). Plus la somme des écarts entre la réalité et cette fiction est grande, plus la relation entre les deux variables est forte. La somme des écarts à l’indépendance s’appelle le khi deux ( χ2 ). La table de Bravais-Pearson donne la probabilité pour que le khi deux égale ou dépasse une valeur donnée sous l’hypothèse d’indépendance, en fonction du degré de liberté, appelé nu ( la lettre grecque ν ). Ce degré de liberté est, tout simplement, le produit du nombre de colonnes moins une par le nombre de lignes moins une. Dans le cas présent, pour un degré de liberté de 5, le khi deux obtenu est de 3,437, ce qui est nettement inférieur au chiffre de 11,07 fourni par la table de Bravais-Pearson pour que la probabilité de rejeter par erreur l’hypothèse d’indépendance soit de moins de 0,5 %. Donc, on considère que la relation n’est pas significative.
[3] Entretien avec Yann-Ber Piriou, 4 décembre 1993, Keranconan.
[4] Entretien avec Yann-Ber Piriou, 4 décembre 1993, Keranconan.
[5] Joseph Loth a délimité la région dont la toponymie paroissiale est majoritairement bretonne ou influencée par la langue bretonne, considérant qu’il s’agissait de la zone d’extension maximale de la langue bretonne au IXe siècle. (Cf. LOTH Joseph, 1883, L’Émigration bretonne en Armorique du Ve au VIIe siècle de notre ère, Paris, Picard). Cette limite reste une référence ; toutefois, depuis les travaux de François Falc’hun et Bernard Tanguy, sa signification exacte est discutée. De toute façon, pour Léon Fleuriot, « il est pratiquement impossible de fixer la limite orientale » de la zone mixte. (Cf. FLEURIOT, Léon, « Langue et société dans la Bretagne ancienne » in BALCOU Jean et LE GALLO Yves, Histoire littéraire et culturelle de la Bretagne, tome I, Héritage celtique et captation française : des origines à la fin des États, Paris-Genève, Champion-Slatkine, p. 11).
[6] Pour un degré de liberté de 10, le khi deux obtenu est de 8,896, ce qui est inférieur au chiffre de 18,31 fourni par la table de Bravais-Pearson pour que la probabilité de rejeter par erreur l’hypothèse d’indépendance soit de moins de 0,5 %.
[7] Pour un degré de liberté de 20, le khi deux obtenu est de 36,58. La probabilité de rejeter par erreur l’hypothèse d’indépendance est de moins de 0,5 %. La relation entre les deux variables est donc significative au seuil de 99,5 %.
[8] Pour un degré de liberté de 65, le khi deux obtenu est de 110,768. La probabilité de rejeter par erreur l’hypothèse d’indépendance est de moins de 0,01 %. La relation entre les deux variables est donc significative au seuil de 99,99 %.
[9] Des personnes ont été interrogées non seulement à Brest mais également à Guipavas, Plougastel-Daoulas, Plouzané et Le Relecq-Kerhuon.
[10] Des personnes ont été interrogées à Nantes, Carquefou, Orvault, Rezé, Sainte-luce-sur-loire, Sorinières et Vertou.
[11] Des personnes ont été interrogées à Rennes, Bruz, Cesson-Sévigné, Chantepie et Chartres-de-Bretagne.
[12] Cette colonne cumule les réponses des personnes qui se sont dites confiantes en l’avenir de la langue bretonne et de celles qui ont fait part de leur inquiétude.
[13] Pour un degré de liberté de 20, le khi deux obtenu est de 34,131. La probabilité de rejeter par erreur l’hypothèse d’indépendance est de moins de 0,5 %. La relation entre les deux variables est donc significative au seuil de 99,5 %.
[14] Pour un degré de liberté de 10, le khi deux est de 18,19 alors que, selon la table de Bravais-Pearson, il devrait être de 18,31 pour que la probabilité de rejeter par erreur l’hypothèse d’indépendance soit de moins de 0,5 %.
[15] Pour un degré de liberté de 35, le khi deux obtenu est de 65,463. La probabilité de rejeter par erreur l’hypothèse d’indépendance est de moins de 0,1 %. La relation entre les deux variables est donc significative au seuil de 99,9 %.
[16] Pour un degré de liberté de 5, le khi deux obtenu est de 16,24. La probabilité de rejeter par erreur l’hypothèse d’indépendance est de moins de 0,1 %. La relation entre les deux variables est donc significative au seuil de 99,9 %.
[17] Pour un degré de liberté de 15, le khi deux obtenu est de 44,974. La probabilité de rejeter par erreur l’hypothèse d’indépendance est de moins de 0,01 %. La relation entre les deux variables est donc significative au seuil de 99,99 %.



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