Anjela Duval

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Mon village

Mon village

Le Village est frappé de mutisme.

Il porte la couleur de la mort au cou.

Les battements de son cœur se sont arrêtés…

 

Je ne l’entends plus vivre.

Je ne l’entends plus parler.

Je ne l’entends plus chanter.

Je ne l’entends plus pleurer.

Ni rire, ni éternuer.

Ni tousser. Ni même soupirer !

Il est mort… Mort.

 

Le chant du coq à l’aube s’est tu

Le bruit des roues dans le chemin s’est tu

Le fouet du charretier s’est tu

(Et ses jurons !)

Le hennissement de la jument s’est tu

Quand elle retrouvait son poulain.

Fini le beuglement bas du taureau

Le bêlement plaintif de l’agneau nouveau-né

Plus de vache pleurant sur son lait

(Les champs sont partis en friche !)

Finis les battoirs — et les Langues —

Autour des lavoirs

Couverts de lentilles d’eau.

Les sentiers où poussent les ronces

Les chemins charretiers envahis d’herbe haute

 

Un train au loin fonce vers la Capitale

Des oisillons conversent dans une langue obscure

Interrompus par le rire idiot du Pivert.

31 août 1967

 

(Traduction Paol Keineg)
 

Tud o tont da Draoñ-an-Dour war lec'h an abadenn skinwel gant André Voisin
 
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