Anjela Duval

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Le travail de l’étranger

Le travail de l’étranger

Dépouiller, dévêtir notre Pays

Balayer le chêne sacré des Druides

Le bouleau des Celtes et l’if

Et le châtaignier de notre jeunesse

Où chantaient les oiseaux.

Attiser le feu dans les landes,

Les bruyères, les genêts qui ondulent

Comme une houle d’or

Et puis écrire sur le dos nu

Du Vieux Pays, en langues étrangères

Des poèmes de mort

Des poèmes sans beauté

Aux lettres rigides

Raides comme leurs visages d’acier

Longues rangées de soldats de plomb.

Vers immobiles des conifères

Aux noms étranges !

                   … Et bientôt

Sur le grand orgue

De leurs bois sombres et tristes

Engraissés de la cendre de nos bois

Le Vent atlantique

Jouera en chantant

… Le Requiem de notre Pays.

9 février 1967

 

(Traduction Paol Keineg)
 

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