Anjela Duval

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La veille de la Saint-Jean

La veille de la Saint-Jean

La nuit la plus courte. La nuit du jour le plus long.

Dix heures ! La nuit ne vient pas.

Toute chose visible dans les lointains.

Le ciel moitié couleur de deuil :

Un bleu pourpre clairsemé, éteint, ineffable,

Couleur de secret. Couleur de nostalgie

Couleur de souvenir.

 

Claire la lune. Très blanche

— Les étoiles restent invisibles. —

La nuit prend un air rêveur

Nostalgie — lugubre assurément —

Des habitudes tombées dans le passé.

Clarté et bonheur d’autrefois

Des soirées de veille de la saint-Jean.

Dans les campagnes bretonnes, les petits bourgs.

Des flammes d’un rouge vif s’élevaient de chaque village.

L’odeur de la fumée dans l’air nocturne.

Les cris perçants des enfants

Juchés sur les talus

Sur les hauteurs

Ils comptent les feux de joie

Tout autour.

 

Coutumes disparues.

Auxquelles les jeunes d’aujourd’hui

Renoncent trop aisément.

— Où es-tu, jeunesse remuante ?

— À l’école, à te détruire (en attendant l’exil)

Dans une culture contraire à l’esprit de ton peuple.

 

Ce soir seulement au-dessus de la vallée

Un feu tranquille. Un feu froid :

La lune claire

Dans sa Plénitude

Seule

Étincelant sur la lande.

Veille de la saint-Jean…

23 juin 1964

 

(Traduction Paol Keineg)
 

War-dro ar saout.
 
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